Un cri.
Ça surgit.
Ça déborde.
Ça appelle.
Le cri vient souvent avant les mots.
Après aussi, quand ils ne suffisent plus.
Car on parle beaucoup. Tout le temps. Pour expliquer, comprendre, convaincre. Mais les mots n’y arrivent pas toujours.
Alors le cri prend le relais.
Dès le départ, en préparant la saison avec toutes les équipes de création, on a senti que ce serait la saison du cri. Difficile de faire autrement avec tout ce qui se passe dans le monde. Comme si, dans ce tumulte, hurler devenait le seul exutoire possible, le dernier recours.
Mais un cri n’est jamais un simple défoulement.
Même brutal, c’est une adresse. Une main tendue. Une tentative — souvent maladroite, imparfaite, parfois excessive — d’entrer en relation.
Car ce que le cri expose, c’est la distance qu’il reste à franchir entre ce qui se dit et ce qui se vit. Entre le besoin de nommer et celui d’être entendu. Entre ce que l’autre saisit et ce qu’on voudrait qu’il comprenne.
C’est exactement là que le théâtre commence.
Là où tout ne se comprend pas encore, mais où quelque chose insiste. Là où cette distance devient impossible à ignorer, où cet écart se fait sentir. Cet espace, le théâtre ne le comble pas. Il le rend sensible. Il le met entre nous pour qu’on l’explore et l’habite.
C’est un cri qui ouvre chacun de ces espaces.
Des cris que vous entendrez au fil de tous les spectacles de la saison.
Des cris refoulés,
exubérants,
retenus,
déformés,
bruts,
joyeux,
empêchés,
irrépressibles.
Préparez-vous ! On ne pourra pas se contenter d’écouter.
Il faudra y prendre part et joindre nos voix.
Ensemble.
Photo: Samuel Pasquier